Osez écrire le Socialisme Universel

Parti - Socialiste - Congrès de Poitiers 2015 - Contribution thématique

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C'est presque une litote que de reconnaître que le monde a changé. Les équilibres se sont déplacés. Tant pour ce qui concerne les équilibres des blocs économiques et stratégiques qu'au cœur même de la société, au sein même des corps qui la constituaient, dans ses schémas aristocratiques, bourgeois terriens ou bourgeois d'industrie, et de cette main-d’œuvre que d'aucun avec un certain mépris appelle le peuple.

Au sein même de ce peuple, se sont constituées des classes qui, bénéficiant de cette révolution socialiste et voulue par les hussards noirs de la République, disposent d'une instruction capable de leur apprendre à résister.

Mais qu'est la résistance intellectuelle aujourd'hui face à la pression qui est devenue violente, de cette nouvelle classe d'aristocrates sans roi, mais avec un dieu qu'est l'argent, pour produire, un avènement, fruit de la réflexion de cette instruction diffusée, qui doit amener les hommes à la maîtrise de leur destinée, à la maîtrise de la destinée commune qui est le choix de société qu'ils font, et plus encore à la destinée de leurs enfants et à la destinée de cet unique vaisseau que nous occupons tous, et qui est notre seul bien commun.

En tant que socialiste, le seul fait de naître sur cette Terre nous rend héritiers d'un devoir impératif : préparer la venue de nos successeurs en améliorant sans cesse l'état de notre vaisseau, la Terre.

Il semble difficile, aujourd'hui, de se départir des réflexes démons de l'humanité, construite, organisée et disciplinée sous le joug de dieux qui revêtent tous un caractère commun, quel que soit l'endroit où ils sont nés, où les hommes les ont fait naître. Ils ont le point commun de contenir la sauvagerie humaine par la culpabilité, par la contrainte, et parfois même la contrainte violente. Quelle est la religion qui n'eut point son inquisition, quelle est la religion qui n'a point ses fanatiques, quelle est la religion qui n'a point ses intégristes ?

Ce modèle déifiant contribue au maintien des inégalités entre les hommes.

Qui-y-a-t-il de juste, quelle que soit la religion, que de naître à Bombay ou Calcutta, au cœur même de l'Amazonie, ou à New-York, à Paris, à Londres ou Berlin ?

Le recentrage du socialisme comme définition moderne d'une doctrine des peuples, pour les peuples et chacun de ses individus, dans la mise en commun à un effort d'équilibrage des chances et des ressources, la chance de naître en toute sécurité, médicale ou sociale, la chance d'être instruit des connaissances des hommes – et seulement des hommes – de leur histoire, de leurs erreurs, de leur avenir, la chance d'une agriculture solidaire soucieuse d'apprendre et d'enseigner à cultiver différemment quel qu'en soit le sol - non les déserts ne sont pas stériles, la chance d'être au bord des mers et d'y construire des ressources nouvelles, d'y respecter d'autres équilibres, par ce que tous les équilibres concourent au même équilibre, celui de l'homme sur la terre, la chance d'une société en sécurité, ou les solidarités sont posées par les réflexions technologiques d'aider les populations dans des zones climatiques plus difficiles, ou la technologie des savoirs de l'innovation et des sciences peut se voir réorientées, réorganisées et où la puissance de la réflexion humaine collective devient le bien commun de tous.

Le droit de penser doit devenir une propriété inaliénable de l'homme.

Un socialisme universel qui ne tolérerait plus que les puissances économiques dont aujourd'hui il semble difficile de se départir et qui ne soit qu'entre les mains de quelques hommes nantis, qui dans le secret de leur banque et de leur conseil d'administration, par le jeu de la puissance des flux financiers qu'ils génèrent, soit une autre forme d'asservissement de populations entières.

Ils maintiennent le déséquilibre des puissances et des zones géographiques pour assurer l'écoulement de leurs rivières d'argent, en se faisant fi complètement du simple droit de vivre, du simple droit d'apprendre, du simple droit d'être en sécurité pour toutes les populations qui, malheureusement, sont les artisans de leur richesse.

Il est un crime contre l'humanité qui n'est pas nommé encore et qui devrait l'être, c'est celui de la cupidité organisée.

Nous le clamons en tant que socialiste : nul n'a le droit d'être plus riche que son Etat et de fuir son Etat pour ne pas enrichir ceux qui ont créé sa fortune.

L'état même de l'organisation des richesses et des biens matériels ou terriens doit nous conduire à établir cette notion du revenu minimum de chaque terrien, avec des équilibrages de moyen, de compétence, de collaboration et de transfert des savoirs. L'immigré de demain sera l'homme curieux de sa terre, parti de son lieu de naissance pour se battre contre l'inégalité climatique ou géographique, pour que les femmes et les hommes de ce bout de terre où il sera venu, puisse se battre à leur côté, puisse construire la même chance, la même sécurité et le même espoir d'avenir.

Nous oserons même encore aller plus loin dans la définition du socialisme universel : oser la même langue pour tous, pour qu'il n'y ait plus de refuge identitaire autre que celui d'être membre d'une même humanité, l'humanité des hommes.

Le rééquilibrage des moyens de production, des moyens de consommation, des lieux de vie et des échanges entre les espaces géographiques n'a jamais disposé d'autant de compétence technique, scientifique, humaine et philosophique qu'à notre époque. Il est vrai qu'autour de cette notion d'instruction des populations, l'inégalité est tout aussi flagrante que les moyens de survie individuelle.

Le socialisme de demain, ce socialisme universel, ne peut, ne doit et ne sera qu'un socialisme de générosité, de partage et d'entraide.

Les femmes et les hommes instruits tant bien que mal ensemble, aujourd'hui en sont arrivés à cette recherche de l'équilibre dans la parité des pouvoirs. Est-il normal que 50 % des hommes prédestinent par leur position d'élu à 50 % des femmes qui composent leur électorat. Nous avançons à petit pas mais nous avançons certainement.

La parité des prochaines élections départementales revient à mettre un cerveau composé de deux hémisphères égaux dans une tête de pouvoir. Enfin un organisme équilibré ! Et les pionniers de cette mandature auront effectivement au nom du socialisme universel à équilibrer cette tête.

C'est peu dire le pouvoir de la réflexion et de l'instruction qui construise le socialisme et qui aujourd'hui construit la recherche des égalités, des équilibres et des chances.

La politique et le socialisme en particulier, et la volonté du don de soi, à partager avec tout le monde, des instants de réflexions, qui sont celles de nos interrogations d'enfants prolongés dans l'adulte : qu'est ce que je fais ici, qui suis-je, où je vais ?

Nous le voyons bien aujourd'hui dans le monde : toutes les tentatives de reprise en main des hommes au travers d'économie punitive, comme l'austérité, au travers de religion punitive, comme celle qui proclame l'apartheid entre les femmes et les hommes, les espérances punitives de certains écologistes inspirés, les expéditions économiques et punitives du Fond Monétaire international, qui n'a de fond finalement que le front de quelques possédants s'étant arrogés la propriété de la planète, confisquant à plus de 6 milliards d'êtres humains le droit d'être chez eux, les réactions punitives d'autarcie nationale dénigrant à toutes et à tous de venir dans son jardin, tous ces modes basés sur la répression et la punition constitue les ferments et les sources de tous les conflits, de toutes les convoitises et surtout de tous les massacres.

C'est aujourd'hui que doit s'écrire cette grande aventure humaine d'une terre unique, possédant une humanité unique, une espèce constructive, pensante et conquérante unique qu'est l'homme.

Les bases d'un socialisme nouveau et universel, issu de la réflexion de nos anciens, qui nous ont portés comme devoir de construire la liberté, l'égalité et la fraternité, doit évoluer, sans abandonner ces trois principes.

Il est temps de dire qu'il appartient à l'homme aujourd'hui de ne jamais asservir, de ne jamais se servir, mais d'être au service de tous, sans être ni valet ni maître, dans l'humilité et dans la recherche du progrès partagé.

Ces équilibres ne se mettent pas en œuvre d'un coup de baguette. Nous le savons bien nous socialistes, républicains dans l'âme, porteur de cette fraternité, instructeur de l'égalité, constructeur de la liberté. Que de chemin parcouru depuis 1789 ! Que de chemin encore à parcourir !

Mais nous osons enrichir ce devoir de construction des réflexions et des évolutions d'un monde que nous avons voulu moderne, qui a franchi les frontières par son mode de communication numérique, qui commence à proposer à l'universalité des hommes un même support pour s'écouter, s'échanger et tenter de se comprendre. Osons aller plus loin dans l'humilité de chacun d'entre nous à parler une même langue, l'humain.

Voilà à l'orée de ce congrès le souhait que nous avons d'un socialisme qui repose les bases philosophiques de son existence, de son histoire et de son devenir.

Rédigé et conçu par Didier Peyrot et Sylvain Mulard, section socialiste de Melun

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